Échos, dissonances et discordances : Mouvements Perpétuels de Francis Poulenc et mouvements de l’âme dans Rope d’Alfred Hitchcock - Université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne Access content directly
Journal Articles (Review Article) TIES - Revue de littérature, textes, images et sons Year : 2022

Échos, dissonances et discordances : Mouvements Perpétuels de Francis Poulenc et mouvements de l’âme dans Rope d’Alfred Hitchcock

Abstract

In Hitchcock’s world, musicians, far from bringing harmony, introduce instead dissonance and discord. This is the case with the drummer in Young and Innocent and with the piano player in Rope. It is as ifHitchcock saw a similarity between the murderer and the musician. The latter executes a score whereas the former executes a victim. In the case of murder by strangulation, as with piano playing, the hands and gestures are key. Consequently, the hands, both those of the murderer and of the pianist, will play a decisive role. Likewise, the symbol of strings serves as a leitmotiv for the film, whether those of the rope used for strangulation or the strings inside the piano struck by the powerful hands of the pianist. Paradoxically, the film maker as a master of images has opted here for sounds to take precedence over what we see, as if to suggest that voices and sounds were more appropriate to express the distress and dismay of someone about to die. By doing so, Hitchcock aligns himself with Jean-Jacques Rousseau’s idea that screams and shouts, noise and sounds precede words and the production of speech.
Dans l’univers hitchcockien, les musiciens, loin d’être porteurs d’harmonie, introduisent, bien au contraire, ruptures et dissonances ; il en va ainsi du batteur dans Young and Innocent et du pianiste dans Rope, comme si Hitchcock percevait une similitude entre l’assassin qui exécute une proie et le musicien exécutant une partition, le meurtre commis par strangulation supposant doigté, gestuelle adéquate et émission de sons. En effet, la corde utilisée pour étouffer la victime est le fil conducteur du film Rope au même titre que les mains, qui jouent un rôle essentiel. Les spectateurs, entrevoyant alors la malice d’Hitchcock, comprennent que l’étrangleur est un pianiste habitué à percuter les cordes de toute la force de ses mains. Paradoxalement, considérant que la voix proférée est plus appropriée pour exprimer la détresse et le désespoir de celui qui est sur le point de quitter la vie, le cinéaste, maître des images, a privilégié l’audition plutôt que la vision ; proche, à son insu, des thèses de Jean-Jacques Rousseau, le cinéaste s’est souvenu que le cri a précédé les mots et les paroles, car en cas d’agression, dirait le penseur, la nature dicte d’abord des accents, des cris et des plaintes.
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Dates and versions

hal-04133749 , version 1 (20-06-2023)

Identifiers

  • HAL Id : hal-04133749 , version 1

Cite

Anne-laure Dubrac, Françoise Barbe-Petit. Échos, dissonances et discordances : Mouvements Perpétuels de Francis Poulenc et mouvements de l’âme dans Rope d’Alfred Hitchcock. TIES - Revue de littérature, textes, images et sons, 2022. ⟨hal-04133749⟩

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